Antoine Geraci : « Ce que je retiens, c’est cet engagement chevillé au corps des bénévoles, cette volonté de venir en aide aux plus démunis. »
Après quatre années à la présidence des Restos du Cœur de la Loire, Antoine Géraci s’apprête à passer le relais. Quatre années d’engagement intense au service de notre association, des personnes que nous accueillons et de tous les bénévoles qui font vivre les Restos dans la Loire. À quelques jours de son départ de la présidence départementale, nous avons souhaité lui donner la parole. L’occasion de revenir avec lui sur ces quatre années, les projets réalisés, les difficultés rencontrées, les belles rencontres et les souvenirs qui resteront. Rencontre avec Antoine Géraci, président des Restos du Cœur de la Loire.
Antoine, après quatre années à la présidence des Restos du Cœur de la Loire, quel est votre état d’esprit au moment de passer le relais ?
« En fait, je n’ai réalisé « que » 4 ans de présidence départementale, alors qu’il m’aurait été possible d’en faire 5.
Il me semble que la durée au poste de RD ne devrait pas excéder 3 ans.
Quant à mon état d’esprit, on va dire qu’il est mitigé : à la fois heureux de quitter cette charge lourde à porter et triste de prendre un autre chemin qui, ceci dit, ne m’éloignera pas totalement de l’AD… »
Quand vous avez pris la présidence, imaginiez-vous vivre quatre années aussi intenses ?
« Non, je n’imaginais pas la charge que représente cette fonction, d’autant que mon prédécesseur m’avait laissé entendre qu’il y consacrait deux demi-journées par semaine. En effet, j’y ai consacré deux demi-journées, mais… par jour ! »
Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru par l’AD42 pendant votre mandat ?
« Le regard que je porte sur le chemin parcouru par l’AD42 reste très positif et on peut dire que nous revenions de loin. Sans porter de critiques à mes prédécesseurs, il y avait un sacré chantier à entreprendre. »
Parmi tous les projets réalisés, lequel vous rend le plus fier ?
« Nombreux sont les projets réalisés dont NOUS pouvons être fiers : la création du centre itinérant du Pilat, du centre de Balbigny, le centre de La Terrasse, etc. »
Y a-t-il un moment, une rencontre avec une personne accueillie ou un bénévole, qui vous a particulièrement marqué ?
« Nombreuses ont été les belles rencontres et il est difficile pour moi d’en privilégier une. »
Vous avez traversé des périodes difficiles, avec notamment l’augmentation de la précarité et des besoins. Qu’est-ce qui a été le plus compliqué à gérer en tant que président ?
« En effet, les années qui viennent de s’écouler ont été particulièrement difficiles compte tenu de l’augmentation significative de la précarité.
Je dirais que ce qui a été le plus compliqué à gérer a été le fait de diminuer les dotations alimentaires, compte tenu de la situation générale des Restos et de la nécessité de réduire « la voilure ».
Sans cette baisse, comme l’a très bien dit notre président national : « Nous risquons de fermer les Restos dans 3 ans… »
Que retenez-vous humainement de ces quatre années passées aux côtés des bénévoles de la Loire ?
« Ce que je retiens, c’est cet engagement chevillé au corps des bénévoles, cette volonté de venir en aide aux plus démunis, tout en observant malgré tout une certaine usure et parfois un oubli, pour un petit nombre, de notre charte et de ses principes. Il convient de toujours les rappeler… »
Est-ce difficile de quitter une fonction qui a occupé une place aussi importante dans votre quotidien ?
« Bien sûr que ma décision d’anticiper mon départ n’a pas été une décision facile à prendre mais, ma succession a, je crois, bien été préparée.
Cette fonction a occupé pratiquement tout mon temps et bien souvent même les week-ends. Je dois quand même dire que je ne quitte pas l’institution : d’autres missions me sont déjà proposées… »
Quel conseil aimeriez-vous transmettre à la personne qui va vous succéder ?
« Le conseil que j’aimerais transmettre à la personne qui va me succéder, c’est de savoir écouter et de savoir décider, en ne perdant jamais de vue que notre mission majeure est de venir en aide aux personnes accueillies dans nos centres.
De ne jamais oublier les principes édictés par Coluche dès la création des Restos et de les faire respecter de façon indéfectible par tous les bénévoles… »
Et pour terminer : si vous deviez résumer ces quatre années aux Restos du Cœur en trois mots, lesquels choisiriez-vous ?
« En trois mots (un peu plus) : engagement hyper-chronophage, mais bonheur d’être utile, expérience humaine d’une richesse infinie… »
